Ponts intégraux et solutions préfabriquées : le défi du renouvellement des ouvrages en Flandres

Parmi les grands chantiers d’infrastructures en Flandres, le remplacement de 42 ponts routiers est une figure majeure. Répartis sur l’ensemble de la région, ces ponts vétustes doivent être démolis et remplacés. La Vlaamse Overheid Departement Mobiliteit & Openbare Werken a effectué en amont une classification des ouvrages d’art sur son territoire pour déterminer les ponts considérés comme les plus urgents, que ce soit à cause d’une dégradation importante ou par un taux d’utilisation élevé. Passages supérieurs ou inférieurs d’autoroute, ponts au-dessus de voies ferrées et de voies d’eau, les localisations de ces ouvrages sont multiples. Dans ce projet, seize sont confiés au bureau greisch, dont neuf sont actuellement à l’étude. Cet ensemble peut être divisé en deux grandes catégories : des ponts à multitravées et des ponts « portiques » à une travée.

Diversité des ouvrages et impact limité sur le trafic

Le maître d’ouvrage désire minimiser l’impact des travaux sur le trafic automobile. Dans le cas des portiques, deux configurations sont possibles.

Lorsque la situation le permet, les ouvrages sont préfabriqués sur place, le long de l’autoroute. Les nouvelles fondations sont réalisées avec maintien de l’ouvrage existant. Durant une opération de week-end, la circulation sur l’autoroute est interrompue : le portique existant est alors démoli et remplacé par le nouveau portique déplacé et positionné au moyen de remorques modulaires autopropulsées (SPMT ou kamag). Dans l’autre cas, une fois les travaux de préparation effectués, la circulation est déviée sur une moitié de pont existant restant en service. L’autre moitié est démolie et reconstruite. Le trafic est alors basculé sur la nouvelle partie et la seconde partie est remplacée de la même manière.

La relative standardisation de ces portiques permet une étude efficace : le bureau s’appuie sur les ouvrages déjà étudiés pour concevoir les autres, tout en adaptant la solution aux conditions locales géotechniques, de mise en œuvre et contraintes d’exécution demandées par l’entreprise de construction. Les ouvrages de plus grande portée (> 20 m) sont de type multitravées et une préfabrication complète n’a pas été retenue. Les ponts sont donc réalisés sur place et présentent soit une structure entièrement en béton armé (dalles précontraintes) soit une structure mixte constituée de caissons métalliques et tablier de béton. Les travaux d’entretien structurels, tels que le remplacement du revêtement, bénéficieront des nouvelles configurations mises en place. La largeur du pont permettra en effet de dévier les quatre bandes de circulation vers un seul côté, sans suppression de voies et sans mise en place de déviations longues.

En plus de la standardisation, le bureau greisch s’appuie sur les connaissances acquises pour des ouvrages tels que l’élargissement du viaduc de Cheratte, la passerelle Saint-Denis à Paris ou le pont Lommersweiler.

Ponts intégraux, pérennité et défis techniques

Un autre souhait du maître d’ouvrage est de limiter l’entretien et de maximiser la pérennité des nouvelles constructions. À l’exception du pont d’Ingelmunster qui est semi-intégral car il comporte des appareils d’appui, les ponts sont intégraux. Le tablier et les colonnes sont réalisés de manière monolithique, sans joint ni appui. Cette configuration évite l’utilisation d’appareils d’appuis, sujets à une usure plus importante. Elle engendre cependant des efforts supplémentaires dans les colonnes, à prendre en compte dans les études. Par ailleurs, les ponts intégraux sont sensibles aux tassements. Des études de stabilisation des talus et de phasage sont donc nécessaires. Un autre aspect complexifie l’ensemble, il s’agit de l’épaisseur réduite du tablier par rapport aux ponts d’origine. Les gabarits routiers sont en effet plus hauts que lors de la construction initiale, mais le profil en long final de la surface de roulement est inchangé. Pour ces ouvrages, le bureau greisch s’appuie sur son expertise en ponts intégraux, comme le pont Y « OA583 » à Gasperich ou la passerelle métallique d’Ampsin.

Cas particuliers, deux ouvrages sur canaux

Deux ponts se distinguent en enjambant le canal Roulers-Lys à Ingelmunster, et le canal de dérivation de Neveles. Outre les études standard pour ces ouvrages, des protections de piles sont également prévues. Elles protègent la structure d’éventuels chocs de bateaux. Les murs des quais sont également étudiés. Ces deux ouvrages sont des ponts multitravées à caissons en acier. Sur cette structure métallique est posé un tablier en béton. Une standardisation est également recherchée entre ces deux ouvrages.

Le modèle PPS : une collaboration public-privé efficace

Pour le programme « OverBruggen », la Région flamande a opté pour un partenariat public-privé (PPP) de type DBFM. Il s’agit d’une collaboration entre les autorités publiques et un partenaire privé, dans le cadre d’un contrat unique pour la conception, la construction, le financement et l’entretien de l’infrastructure. Le consortium d’entreprises privées ainsi désigné, dispose des capacités nécessaires pour renouveler, rénover ou moderniser l’ensemble des ponts concernés.

Dans un contrat DBFM, le partenaire privé assure le financement de l’ouvrage et demeure responsable de son entretien et de sa performance pendant une période déterminée après la mise en service. Les autorités publiques rémunèrent ensuite le partenaire au moyen de paiements échelonnés sur la durée du contrat, généralement sous la forme d’une redevance de disponibilité conditionnée au respect des performances attendues. Ce mécanisme permet d’étaler la charge financière dans le temps tout en transférant une partie importante des risques de conception, de construction, de financement et de maintenance au partenaire privé.

Le recours à un contrat DBFM est particulièrement pertinent pour des programmes d’infrastructures de grande ampleur, nécessitant des investissements importants et une vision à long terme du cycle de vie des ouvrages comme le projet « OverBruggen ».

Ce choix présente plusieurs avantages :

  • Les projets de rénovation ou de renouvellement de grande envergure sont plus faciles à piloter grâce à une responsabilité centralisée.
  • Les autorités flamandes et les entreprises privées peuvent mettre en commun leur expertise, leurs capacités techniques et leurs moyens financiers.
  • Les risques sont mieux répartis entre les parties.
  • Les coûts d’exploitation et de maintenance sont pris en compte dès la phase de conception, favorisant une approche fondée sur le coût global du cycle de vie. La qualité de l’ouvrage sur le long terme est donc renforcée.
  • L’exécution des travaux est plus efficace et plus rapide grâce à une meilleure coordination entre les différentes phases du projet.

Les acteurs du projet

  • Maître d’ouvrage : Vlaamse Overheid Departement Mobiliteit & Openbare Werken – Afdeling Expertise Beton en Staal (EBS)
  • Architecte — Infra : A.M. Bruggenbouwer (Arcadis-SBE) + IPV Delft
  • Entrepreneur : Brugfabriek : A.M. Jan de Nul + Willemen
  • Bureau d’études : Bureau greisch — Sweco

20e édition du jogging ELA : les équipes greisch au rendez-vous !

Pour la 20e édition du jogging ELA, plus de 70 greischois ont pris le départ sur différentes distances. Pour cette belle édition anniversaire, une équipe a également assuré l’animation sur le site du bureau de Liège avec un défi de collaboration !

Bravo à tous les participants et à l’année prochaine !

Groene Vesten : revitaliser un espace urbain délaissé le long du périphérique anversois

Anvers, situé au nord de la Belgique, est un centre urbain dense, où se rejoignent de nombreux axes autoroutiers : E34, E17, A12, E19, E313, etc. Cette multitude d’échanges engendre un trafic considérable qui impacte la qualité de vie des Anversois. C’est pourquoi la Région flamande et la ville d’Anvers ont lancé il y a quelques années un vaste plan d’aménagement du réseau, « De Oosterweelverbinding », consistant principalement en la fermeture du ring autoroutier de la ville, permettant d’y fluidifier le trafic, notamment les importants flux de camions qui rejoignent le port maritime. Ce réaménagement s’accompagne d’une réflexion globale sur l’ensemble du ring, et notamment sur l’extension et l’accessibilité aux zones vertes longeant celui-ci, projet global appelé « De grote verbinding » : l’objectif est de leur donner une seconde vie : accès offert à toute la population, réseau cyclable et piéton continu, rafraîchissement de la ville par la présence d’eau en surface et son infiltration, mais également diminution des nuisances sonores et de la pollution atmosphérique générées par le réseau autoroutier.

Sur base de ce master plan, de nombreux parcs et espaces urbains vont être créés tout autour de la ville. Une partie de ces parcs suit l’ancienne enceinte militaire : la 2e ceinture de forts Brialmont. Parmi ceux-ci, deux zones sont actuellement en cours d’étude au bureau greisch : Pomppark Zuid et Cluster Centraal, situées dans le contournement Sud de la Ville, sur la portion dénommée Ringpark Groene Vesten.

Des parcs pour redessiner la ville

Pomppark Zuid, long de 900 mètres, s’étend entre la gare d’Anvers-Sud, la Desguinlei et les voies ferrées. Aujourd’hui, il n’offre que des espaces peu exploités, en partie occupés par un parc canin. Sa transformation permettra d’enrichir sa fonction actuelle avec des zones de jeux, des promenades, un amphithéâtre destiné à accueillir des événements, ainsi que des liaisons écologiques favorisant la biodiversité ou encore de zones d’infiltration. Le projet repose sur l’édification d’un mur antibruit de 5 à 9 m de hauteur le long de la voie ferrée longeant elle-même l’autoroute, conférant à cette dernière une disposition de type « canyon ». Outre son rôle acoustique, cet ouvrage en terre armée habillé de gabions redresse les talus et dégage des surfaces planes, de plain-pied avec les quartiers parcourus, rendant le site fonctionnel et convivial pour les riverains.

Le Cluster Centraal, qui s’étend sur deux kilomètres et demi entre le tunnel Craeybeckx et le pont de Zurenborg, se distingue par la priorité donnée aux mobilités douces avec la création d’une cyclostrade de 6 m de large accolée à une promenade piétonne.

Le tracé de la cyclostrade franchit à plusieurs reprises les infrastructures routières grâce à des agencements sous des ponts existants. Les espaces entre les piles des ponts sont alors refermés avec des panneaux acoustiques. Le choix de ce matériau est lié à l’exiguïté de l’espace et au besoin de conserver les piles des ponts visibles pour une inspection régulière. Sa légèreté est également nécessaire car les fondations existantes ne doivent pas supporter des charges additionnelles. Une rénovation de l’égouttage de l’autoroute y est également prévue.

La création d’une passerelle en forme de S permet à la cyclostrade de franchir une bretelle autoroutière. Cette passerelle présente une surlageur (8m) pour permettre une bonne visibilité aux cyclistes. Un écran antibruit transparent en PMMA doté d’une main-courante et un caisson central avec des consoles de part et d’autre garantissent une esthétique allégée pour la passerelle.

Le long du parc, des murs sont érigés. Ils sont constitués pour la plupart de massifs en terre armée, habillé de gabions en pierre de lave. Ils sont surmontés d’un mur en gabion d’au moins 4 m de hauteur côté parc, habillé de la même manière des deux côtés. Le mur assure l’isolation acoustique et la pierre de lave l’absorption acoustique. La hauteur totale du mur côté autoroute est d’au moins 8 m.

Le bureau greisch s’est vu confier le volet ‘structures’ des études, en collaboration avec Buur-Sweco (urbanisme, Leuven), Latz & partner (paysagisme, Munich) et SWP (architecture, Londres/Amsterdam).

Ces deux projets démontrent la manière dont les abords d’infrastructures lourdes peuvent être transformés en parcs urbains de qualité, où protection acoustique, valorisation des surfaces, circulation apaisée et biodiversité se conjuguent au service des habitants.

Les acteurs du projet

  • Maître d’ouvrage : AG Vespa
  • Architecte : Latz & Partner, Buur (Sweco), Studio\Woodroffe\Papa
  • Bureau d’études : Bureau greisch
  • Entrepreneur : Stadsbader (Pomppark Zuid)

Le Grand Palais de Charleroi reçoit le prix d’architecture contemporaine de l’Union Européenne

Le projet de rénovation du Palais des Expositions à Charleroi, conçu par les architectes AgwA associés à Jan de Vylder – Inge Vinck, sur commande de la Ville de Charleroi, a reçu ce mardi 12 mai le prestigieux Prix d’Architecture Contemporaine de l’Union européenne / Prix Mies van der Rohe, décerné pour la première fois à un projet belge. Pour ce projet, déjà primé en décembre 2025, au Brussels Architecture Prize 2025 par le Prix « Extra Muros », le bureau greisch a réalisé les études de stabilité, de techniques spéciales et PEB.

Une ligne directrice : réactiver ce lieu emblématique

Le hall des expositions de Charleroi, « Bisous m’chou », édifié dans les années 1950 est totalement repensé pour y intégrer des activités et un fonctionnement plus moderne. Dès le départ les architectes avaient la volonté de valoriser le bâti existant. La réalisation de nouveaux abords, l’ouverture du bâtiment sur la ville, la révision des espaces de circulation par la création de grands volumes intérieurs qui s’articulent avec l’intégration du nouveau palais des congrès lors du chantier.

« [Il] est récompensé pour la transformation intelligente et précise d’un vaste bâtiment d’exposition existant, démontrant comment l’architecture peut travailler avec l’existant pour générer de nouvelles possibilités spatiales, sociales et matérielles. Plutôt que de remplacer, il réactive le lieu en assumant les contraintes, en dialoguant avec les qualités intrinsèques du bâtiment et en développant une approche audacieuse mais économe qui transforme la rareté en opportunité et la réparation en une stratégie de projet puissante. » [1]

S’appuyer sur une expertise de réhabilitation du bureau greisch

Depuis plusieurs années, le bureau greisch a choisi d’évoluer vers d’ambitieux projets de rénovation. Nos équipes multidisciplinaires ont la capacité de répondre aux besoins spécifiques de ces projets afin d’accompagner au mieux maîtres d’ouvrage, architectes et partenaires. Le bureau s’associe pleinement à la vision de l’Europe, au travers de ce prix, d’initier un glissement du métier de la construction du « tout au nouveau » vers des initiatives en phase avec les défis futurs.

D’autres projets – comme le projet KANAL, c’est-à-dire la réhabilitation de l’ancien garage Citroën en pôle culturel ou la transformation des tours WTC I et WTC II pour le projet ZIN in N(o)ord, lui aussi récompensé – illustrent bien cette tendance.

La réhabilitation du hall des exposition de Charleroi (50 000 m²) a fédéré une équipe solidaire, volontaire et engagée autour de nombreux défis dont ceux relevés par l’équipe greisch :

  • La prise en compte des nouvelles réglementations incendie et plus particulièrement le désenfumage, pour un bâtiment construit avant l’établissement des normes de base ;
  • L’intégration de techniques spéciales flexibles et polyvalentes peu consommatrices d’énergie comme la gaine mix-in pour le traitement des volumes d’air, chauffage, refroidissement et ventilation ;
  • La prise en compte du confort des utilisateurs dans tous les aspects techniques ;
  • Une approche maîtrisée et réfléchie de l’éclairage intérieur et extérieur pour renforcer la convivialité du lieu et mettre en lumière les différents aménagements ;
  • L’appropriation, la stabilisation et le renforcement des structures métalliques existantes, avec un défi consistant à remettre des charges identiques à celles enlevées ;
  • La protection contre la carbonatation des bétons existants intérieurs devenus extérieurs ;
  • L’ajustement des schémas statiques des ouvrages en béton à la suite des démolitions ciblées.

Nous sommes particulièrement fiers d’avoir accompagné les différents acteurs dans ce beau projet. Il illustre la possibilité de rénover des bâtiments anciens avec de hautes ambitions architecturales, dans une approche alliant intelligence, rigueur et persévérance.

Les acteurs du projet

  • Maître d’ouvrage : Ville de Charleroi
  • Maître d’ouvrage délégué : Igretec
  • Architecte : Association momentanée Agwa — Jan de Vylder — Inge vinck — Taillieu
  • Bureau d’études :
    • Stabilité, Technique Spéciales et Énergie : Bureau greisch
    • Feu : Delta GC ;
    • Sécurité-Santé : PS2
    • Contrôle de chantier — Stabilité et incendie : Socotec
  • Entrepreneur :
    • Gros-œuvre : SM DBMK : Bemat — Koekelberg — Eiffage
    • HVAC: Cegelec
    • Electricité : Collignon SA
    • Engins de levage : Schindler

[1] https://eumiesawards.com/architecture-emerging/the-winners/

Un nouveau siège bas carbone pour NSI

Le nouveau siège de NSI, véritable pépite liégeoise proposant des solutions et des services IT, est actuellement en construction à Droixhe (Liège). Situé entre le boulevard urbain et Liège Expo, ce complexe est dimensionné pour accueillir jusqu’à 400 personnes. Le premier bâtiment, d’une superficie d’environ 8000 m² sur quatre étages, abrite principalement des bureaux et de nombreux locaux destinés à l’IT. Au rez-de-chaussée, un espace sur deux niveaux permet d’organiser conférences et formations. Le second bâtiment ouvert de +/- 7000 m² sur trois étages est dédié au stationnement : un parking vélo cohabite avec celui pour les voitures, équipé de nombreuses bornes de rechargement.

Une conception énergétique tournée vers la performance durable

Pour tendre vers la neutralité carbone, volonté du groupe CEGEKA dont NSI fait partie, le bureau greisch a été mandé pour effectuer les études de Techniques Spéciales, de stabilité, de conception énergétique, de certification BREEAM et de durabilité.

Le projet a notamment fait l’objet d’études d’analyse du coût global (Life Cycle Cost), d’emploi de bétons bas carbone ou encore de recours à la géothermie ouverte. Il vise la certification BREEAM EXCELLENT.

Un parc photovoltaïque de 403kWc permet de couvrir 80% des besoins en électricité du complexe. Une partie des panneaux sont placés de manière conventionnelle en toiture. D’autres panneaux placés en façade, sous forme de casquette architecturale, ont une double fonctionnalité : production d’électricité et protection solaire. Cette solution a été optimisée par le bureau greisch pour profiter de la lumière naturelle tout en protégeant les locaux de la surchauffe. Leur structure métallique a fait l’objet d’une étude spécifique pour supporter le poids supplémentaire lié à la nature des panneaux photovoltaïques.

La production d’énergie thermique est assurée par des pompes à chaleur. Comme pour le complexe Libération, la proximité de la nappe phréatique, située à -6 m par rapport au sol, permet le raccordement à une géothermie ouverte. Les PAC alimentent les plafonds actifs réversibles. Ceux-ci, par convection et rayonnement, réchauffent ou rafraîchissent les locaux. Outre ces fonctions, cette solution esthétique intègre une isolation acoustique, les bouches de ventilation et les appareils d’éclairage. Le refroidissement de la salle IT principale est assuré par une PAC à eau et une PAC à détente directe couvrant chacune 100% des besoins (redondance) Les études d’éclairage intérieur et extérieur ont été menées par le bureau greisch.

Ces différentes techniques sont monitorées pendant un an, via un outil développé par le bureau greisch. Ce monitoring permet de vérifier le bon fonctionnement des installations.

Implantés sur l’ancien site de la centrale électrique d’Electrabel, les deux bâtiments, bureaux et parking, ont une structure standard du type colonnes / poutres / hourdis. Les planchers assurent un rôle de diaphragme pour la reprise des efforts horizontaux (instabilité et actions du vent), en transférant ces charges vers les noyaux structuraux qui constituent la « colonne vertébrale » du bâtiment. La présence de nombreux vestiges en profondeur dans le sol, parfois au-delà de 5 m, ne permet pas de recourir à des fondations profondes. La solution retenue consiste à améliorer le sol par chaulage sur une hauteur de 4 à 6 m, en complément d’un radier assurant la répartition des charges et la stabilité globale de l’ouvrage.

Ce nouveau siège s’inscrit dans la revalorisation du quartier, à l’instar du Boulevard urbain, de Liège-Expo ou du terminus de la ligne de tram.

Les acteurs du projet

  • Maître d’ouvrage : NSI
  • Maître d’ouvrage délégué : Noshaq Immo
  • Architecte : Syntaxe — AAST (Atelier d’Architecture du Sart Tilman)
  • Bureau d’études
    • Stabilité — Techniques Spéciales, Responsable PEB, conception énergétique, durabilité, certification BREEAM : Bureau greisch
    • Acoustique : ATS
  • Coordinateur sécurité-santé : Génie Tec
  • Entrepreneur : SM — Galère — Moury
  • HVAC : Close
  • Électricité : SM Balteau-Newelec

Concours « Faites le pont » 2026

Cette année encore, le bureau greisch a participé activement à l’organisation du concours « Faites le pont ». Le principe de ce concours ludique est simple : réaliser, seul ou en équipe, une maquette d’une structure de pont d’un mètre de portée. Le résultat doit être à la fois résistant et esthétique.

Le premier prix de résistance, un pont réalisé par une équipe mixte ULiège et Athénée Royale de Huy a supporté un poids de 4723 N !

Bravo à tous les participants pour leur création.

Bruxelles : un nouveau bureau, une même énergie collective

Au cœur de Bruxelles, face à la place Sainte-Gudule, l’équipe bruxelloise de greisch prend ses nouveaux quartiers dans un espace entièrement repensé au sein du bâtiment Chancellerie. Ce nouveau lieu a été redessiné par le bureau d’architecture Canevas pour favoriser la collaboration, la proximité avec les projets et les partenaires, ainsi que le plaisir de travailler ensemble au quotidien.

Postes de travail lumineux, salles de réunion adaptées à tous les usages, espaces verdurisés, zones informelles offrent un environnement flexible, stimulant et en phase avec les besoins des équipes.

Plus qu’un déménagement, un moment de partage

Parce qu’un nouveau lieu mérite d’être célébré, l’ensemble des collègues, liégeois, bruxellois et luxembourgeois, se sont retrouvées à Bruxelles pour le repas annuel. Au programme : découverte de projets emblématiques bruxellois suivi d’un repas et d’une soirée conviviale au théâtre du Vaudeville.

L’occasion de renforcer les liens, de créer de nouveaux souvenirs et de continuer à faire vivre ce qui caractérise le bureau greisch au quotidien : une culture de la collaboration, et de l’engagement collectif.

Requalification des quais de la Meuse à Liège : un projet urbain au service des mobilités actives

Des nouveaux maillons pour une continuité cyclopiétonne

La ville de Liège continue sa transformation et ce sont les quais de la rive gauche de la Meuse, Centre-Ville et Fragnée, qui sont impactés. En 2015, les quais de Meuse ont été aménagés, proposant un partage harmonieux de l’espace public entre piétons, cyclistes et automobilistes. L’aménagement intégrait une large promenade en bord de fleuve et des jardins avenue Blonden. Les deux secteurs, Centre-Ville et Fragnée, n’avaient pas été transformés. La création de ces maillons manquants permet donc une continuité de parcours pour les modes doux.

Des interventions ciblées sur les nœuds stratégiques de Fragnée et Kennedy

Pour les deux secteurs, d’une longueur totale d’environ 1,5 km, les interventions se font sous forme d’interventions linéaires classique, c’est-à-dire, sur toute la largeur de la voirie de manière continue. L’ensemble du coffre, revêtement, fondation, sous-fondation, y est reconstruit. Le but est d’élargir les espaces cyclopiétons et de limiter les bandes dédiées à la voiture. Ces espaces sont majoritairement d’une largeur de 4 m pour le vélo et de 2 m pour les piétons. Là où cette configuration n’est pas possible, l’espace est mixte, sur une largeur de 4 m.

Les nœuds de Fragnée et de Kennedy font par contre l’objet d’interventions plus particulières. Sous le pont Kennedy, la trémie est complètement modifiée. Pour réduire l’effet « tunnel » de cette trémie, les voiles des rampes sont raccourcis, offrant une ouverture de l’espace. La nouvelle piste cyclable qui passe sous le pont est surélevée par rapport au niveau de la route, pour un meilleur confort d’utilisation sur le parcours cycliste. Ce confort est renforcé par une végétalisation de la zone, pour séparer les modes.

Pour le revêtement, le béton s’est imposé. Durable, polyvalent et nécessitant peu d’entretien, ce matériau renforce également l’homogénéité du projet, puisqu’il était déjà présent dans les aménagements existants.

Des espaces partagés, modulables et adaptés aux usages du quotidien

L’objectif de ces réaménagements est d’élargir les espaces cyclopiétons et de créer des espaces multi-usages et multigénérationnels. Afin d’éviter le cloisonnement entre les piétons et les cyclistes, le choix s’est porté sur la création d’espaces modulables plutôt que sur un ensemble de couloirs parallèles. Les usages sont en effet variables en fonction de la temporalité (heure, jour, mois). Une présence végétale renforcée sur différents tronçons participe à cet objectif.

Ce projet s’inscrit dans une perspective plus large, liée à la création de la ligne de tram à la réorganisation en arêtes de poisson du réseau bus : les lignes de bus parallèles sont supprimées et les lignes secondaires sont rabattues perpendiculairement vers les arrêts de tram.

Les acteurs du projet

  • Maître d’ouvrage : Ville de Liège, Service des travaux — SPW mobilité infrastructure
  • Architecte : Canevas
  • Bureau d’études : Bureau greisch — FRYS
  • Entrepreneur : AB Tech

Réhabilitation de l’abbaye de Forest : un nouveau pôle culturel au cœur de Bruxelles

Un patrimoine du XVIIIe siècle rénové

L’ancienne abbaye de Forest, située sur la commune du même nom à Bruxelles et datant de la seconde moitié du XVIIIe siècle, est aujourd’hui en pleine transformation. Ce vaste complexe, composé de l’abbaye en forme de fer à cheval, de ses jardins, d’une église et d’un « château », deviendra bientôt un espace culturel en cœur de ville. Il accueillera la bibliothèque communale, l’Académie de Musique, de Parole et de Danse, le centre culturel de Forest, le BRASS, la Maison des Jeunes de Forest ainsi que le Service communal de la jeunesse. S’appuyant sur une expérience forte avec des projets tels que l’abbaye de la Paix-Dieu ou l’hôtel de ville de Mons, le bureau greisch a été mandaté pour l’étude en stabilité.

Respect de l’authenticité architecturale

La restauration des bâtiments classés s’inscrit dans une démarche visant à retrouver l’enveloppe d’origine, en limitant l’impact visuel des interventions. L’édifice a subi de nombreuses transformations au fil de ses diverses occupations dont certaines ont fragilisé la structure du bâtiment. Dans l’aile Est, seule une voûte sur deux subsistait ; des arches métalliques ont été intégrées discrètement dans la battée des baies pour assurer le contreventement de l’édifice. Le choix de matériaux respectueux des techniques de construction ancienne, telles que le mortier à la chaux, les toitures en ardoises et les gouttières en laiton, répond à cette exigence patrimoniale et participent à restaurer l’identité du lieu. Une équipe d’archéologues est également affectée en permanence au chantier.

Charpentes et structures : une restauration au cas par cas

L’ensemble des charpentes originelles en bois a fait l’objet d’un état des lieux et des travaux de préservations et de renforcement ont été prescrits. Lorsque cela est possible, les parties endommagées ou pourries sont découpées et une greffe scellée par des tiges en résines est mise en place. Cette approche nécessite une présence régulière sur le chantier ainsi qu’un dialogue constant entre le bureau d’études et les différents intervenants, le tout étant soumis à l’avis de la Commission Royale Monuments et Sites.

Un château transformé en espace polyvalent

Dans la partie château, déjà fortement transformée précédemment, les planchers destinés à accueillir des salles de danse et d’autres espaces polyvalents sont renforcés et de nouveaux ajoutés. Une poutre treillis métallique de grande portée sera mise en place pour libérer l’espace en supportant la charpente d’origine. Par ailleurs, afin de répondre aux normes actuelles, les circulations verticales ont été doublées, des caves jusqu’au deuxième étage.

Une bibliothèque dans un bâtiment neuf

Enfin, la bibliothèque se tiendra dans un nouveau bâtiment construit à cet effet. Pour libérer l’espace, des habitations ont été démolies, offrant par ailleurs un retour à de plus grandes perspectives sur le site. La présence d’une nappe phréatique à seulement un mètre de profondeur nécessite pour ce bâtiment la mise en place d’une enceinte étanche en pieux sécants. Elle permet le rabattement local de la nappe et la réalisation d’un niveau en sous-sol.

Les acteurs du projet

  • Maître d’ouvrage : Commune de Forest
  • Architecte conception : A-practice: Vincent Piroux, Architectures parallèles : Guillaume Burnet
  • Architecte exécution : Bouwtechniek
  • Bureau d’études Stabilité et Patrimoine : Bureau greisch
  • Entrepreneur : Artes

Rénovation énergétique du complexe Libération à Liège

Rénover sans dénaturer : un défi énergétique et architectural relevé

Situé dans le quartier de Droixhe à Liège, en pleine mutation avec l’arrivée du tram et le projet de Liège Expo., le Complexe Libération bénéficie d’une rénovation énergétique complète.

Cet ensemble construit dans les années 70 abrite une école, une crèche, une grande salle des fêtes, une salle de boxe et un commissariat. Conçu selon les principes modernistes — lignes épurées, structures apparentes, matériaux durables tels que le béton, la brique et le verre — il a conservé une qualité architecturale remarquable au fil des décennies.

Après plus de cinquante ans d’exploitation, une rénovation énergétique globale s’imposait, menée dans le respect de l’identité d’origine. Le projet, porté par la Ville de Liège, associe Canevas et le bureau greisch pour les études de stabilité et techniques spéciales.

Une rénovation dans le respect du patrimoine moderniste

L’intervention vise à concilier performance énergétique, confort et conservation de l’esthétique d’origine. Les bâtiments, ouverts et baignés de lumière, répondent toujours aux besoins contemporains des usagers ; il s’agissait donc d’améliorer leurs performances sans altérer leur caractère.

Enveloppe et matériaux

Les parois extérieures opaques sont revêtues d’une brique mince émaillée collée sur isolant, reprenant les teintes, calepinages et dimensions du parement existant. Ce principe d’isolation mixte, intérieure et extérieure, a été étudié pour éviter tout risque de ponts thermiques : une analyse des points de rosée a été menée pour assurer la pérennité du bâti.

Les menuiseries en aluminium double vitrage conservent les proportions vitrées et la division d’origine, avec anodisation naturelle inspirée des châssis modernistes. Les structures en béton apparentes (cadres, colonnes, poutres et voiles) sont nettoyées et repeintes, conservant la lisibilité des volumes et la légèreté visuelle qui caractérisent l’architecture du complexe.

Des systèmes techniques sobres et performants

Ventilation et confort intérieur

Une ventilation double flux à haut rendement, avec récupération de chaleur, assure le renouvellement d’air et le confort des usagers, tout en limitant les pertes énergétiques.

Géothermie ouverte et photovoltaïque

Le chauffage et le refroidissement des bâtiments reposent sur une géothermie ouverte, technologie qui puise les calories dans la nappe phréatique du gravier de Meuse avant de les restituer au sol après usage. L’eau, extraite à environ 12 m de profondeur, passe par un échangeur thermique : elle fournit de la chaleur en hiver et de la fraîcheur en été. Cette énergie alimente une pompe à chaleur eau/eau de dernière génération, dont la consommation électrique est partiellement compensée par une installation photovoltaïque en toiture.

Ce système performant repose sur deux paramètres clés : un delta de température de 5 °C entre la prise et le rejet d’eau et un débit de 90 m³/h, assuré par deux doublets pompage/réinjection et un forage de sécurité.

Le bassin liégeois offre un contexte géologique particulièrement favorable à cette technologie. Par rapport à une pompe à chaleur air/eau, la géothermie ouverte garantit un rendement stable toute l’année, grâce à une température d’eau constante entre 12 et 15 °C, et réduit l’îlot de chaleur urbain en évitant le rejet d’air chaud.

À titre illustratif, le gain énergétique obtenu équivaut à la consommation annuelle de chauffage de près de 100 foyers.

Un suivi environnemental exemplaire

Des capteurs installés dans la nappe phréatique assurent le suivi du niveau et de la température de l’eau, tant pendant les études qu’au cours des cinq premières années d’exploitation. Les puits de pompage et de réinjection, forés dans les cours de récréation de l’école, respectent un cahier des charges environnemental strict, évitant tout risque de pollution. Ce projet bénéficie du soutien du Plan de Relance Européen, qui encourage la diversification des sources d’énergie et la réduction de l’empreinte carbone des bâtiments publics.

 

Une expertise qui s’inscrit dans la durée

Le bureau greisch développe depuis plusieurs années une expertise approfondie en géothermie ouverte et en rénovation énergétique intégrée. Cette approche pluridisciplinaire — combinant ingénierie, architecture et durabilité — a déjà été appliquée sur plusieurs projets emblématiques : le siège de NSI à Liège, et le projet PLAWA à Namur (rénovation du SPW ARNE). La méthode de travail du bureau développée et affinée spécifiquement dans de nombreux projets de rénovation énergétique, basée sur l’approche pluridisciplinaire chère à notre bureau, a permis dans ce cas de s’adapter plus aisément aux variations de budget inhérentes à l’octroi de subsides.

 

Les acteurs du projet

  • Maître d’ouvrage : Ville de Liège — Département des travaux — Bâtiments communaux
  • Architecte : Canevas
  • Bureau d’études techniques spéciales et stabilité : Bureau greisch
  • Bureau de conseil en hydrogéologie : Phreatis
  • Bureau d’ingénieurs-conseils en acoustique : ATS