L’Arc Majeur, l’ingénierie au service de l’art

    Ca y est : depuis ce mardi, l’œuvre monumentale de Bernar Venet enrobe la E411 à hauteur de Lavaux-Ste-Anne, offrant aux automobilistes un point de repère incontournable dans le paysage. Les opérations de montage, minutieusement planifiées, se sont déroulées sans encombre. Parmi les nombreux intervenants et partenaires de ce projet porté par la Fondation John Cockerill, nos équipes ont mené une mission complète de stabilité et d’assistance à la conception.

    Depuis 2005, nos équipes ont étudié une dizaine d’œuvres de Bernar Venet. L’Arc Majeur s’inscrit dans la continuité des partenariats que le bureau greisch a menés depuis ses débuts avec divers artistes comme Florence Freson, Emile Desmedt, Jean Glibert ou encore Arne Quinze. En effet, un artiste ne s’engage pas seul sur le chemin de la conception. Si la réflexion créative lui est entièrement attribuable, certaines contraintes se posent toutefois lors de ce cheminement ; c’est à ce moment que l’ingénieur intervient.

    Stabilité, résistance aux effets du vent et aux séismes, cohérence globale de la structure … autant d’éléments qui contribuent à la pérennité des œuvres. Le rôle de nos équipes a donc toute son importance pour s’assurer de leur durabilité tout en préservant leur authenticité.

    Une œuvre monumentale

    Dans le cas de l’Arc Majeur, la structure doit résister à son propre poids d’acier —140 tonnes pour le grand arc et 40 tonnes pour le petit— mais également aux effets du vent. Elle est calculée pour résister à des rafales pouvant atteindre 200 km/h. En outre, pour contrer les effets du vent et éviter la fatigue de l’acier, le grand arc est équipé d’un Amortisseur Dynamique Accordé (A.D.A) placé à son sommet. Celui-ci sert à contrecarrer et amortir les oscillations de l’arc. Ce dispositif, indispensable à la stabilité de l’ouvrage, a fait l’objet d’études spéciales au sein du bureau greisch en partenariat avec l’ULiège (Windlab) et V2I monitoring, et a été fabriqué par GERB.

    Le principe d’un tel dispositif est de placer une masse, ici de 1500 kg, qui se mettra en mouvement là où les déplacements de la structure primaire sont maximums. Il est conçu de telle manière que sa fréquence de vibration est la même que celle de la structure. Son mouvement va contrecarrer et amortir les oscillations de l’arc grâce à des amortisseurs fixés à cette masse. Cela permet de transférer une partie de l’énergie cinétique de l’ouvrage vers l’amortisseur, de réduire fortement les vibrations et ainsi le risque de fatigue.

    Le grand arc est constitué de 3 tronçons d’une vingtaine de mètres chacun. Ceux-ci ont été acheminés sur site par convoi exceptionnel routier et assemblés les uns aux autres à l’aide de brides dissimulées à l’intérieur des caissons. Une soudure périphérique sera ensuite réalisée aux jonctions afin d’assembler définitivement les différents tronçons. Le petit arc a quant à lui été acheminé en une seule pièce entièrement parachevée.

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